Ministére de la Gouvernance Locale du
Développement et de l'Aménagement du Térritoire

Entretien avec le Coordonnateur de l’Unité de Coordination de la Gestion des déchets solides

1. Quelles sont les missions confiées à l’UCG et la stratégie pour atteindre les objectifs assignés ?

L’Unité de Coordination de la Gestion des déchets solides (UCG) a été créée par l’Etat  du Sénégal et est rattachée au Ministère de la Gouvernance locale, du Développement  et de l’Aménagement du Territoire afin d’accompagner les collectivités locales dans la prise en charge de leurs compétences, en matière de gestion des déchets solides.

En effet, l’Etat  du Sénégal, dans sa volonté manifeste de renforcer la démocratie locale et la décentralisation, a voulu mettre en place un dispositif visant à booster les aptitudes des  Collectivités locales qui sont, pour l’essentiel, marquées par un déficit de capacités techniques, financières, logistiques, organisationnelles et managériales, dans la prise en charge de la salubrité publique. 

C’est dans ce cadre que son Excellence Monsieur le Président de la République avait instruit le Ministre en charge des Collectivités locales d’instaurer un système efficace et durable de management du service public de propreté.

C’est dans cette perspective que l’UCG, arrimé aux orientations du Plan Sénégal Emergent (PSE), cadre de référence de la politique de développement économique et social, en cohérence à la stratégie nationale, met en œuvre le Programme national de Gestion des Déchets (PNGD) qui vise à accompagner les Collectivités locales dans l’amélioration du cadre de vie et la réponse à une forte demande sociale, en matière de création de richesses et d’emplois

2. Pouvez-vous nous dresser un bilan des années précédentes ?

Tout d’abord, l’UCG s’est attelée à élaborer la stratégie nationale de gestion intégrée et durable des déchets  solides et à construire une organisation efficace et performance, en mesure de dérouler les orientations.

 Pour ce faire,  nous avons privilégié une démarche participative et inclusive confortée, entre autres,  par la tenue de  Comités régionaux de Développement (CRD) et la réalisation  d’enquêtes auprès de 3500 ménages. La gestion des déchets ayant la particularité d’être pluri-acteurs et multisectorielle, il était hors de question d’élaborer la stratégie dans un processus cloisonné.

C’est ceci qui a permis de mieux comprendre les préoccupations des parties prenantes et de d’asseoir la stratégie  sur un nouveau paradigme  qui repose sur la mise en place d’infrastructures de gestion des déchets aux normes et une valorisation du potentiel économique des déchets solides.

3. Quels sont les projets phares de la structure ?

Pour mettre en œuvre la stratégie nationale de gestion intégrée et durable des déchets nous avons structuré  le PNGD en projets.

Nous nous sommes engagés à réformer les lois et règlements qui régissent le secteur afin de disposer d’un environnement favorable à l’intervention des Collectivités locales, des populations, de la société civile, des partenaires privés, des partenaires  techniques et financiers…

Aussi, avons –nous démarré le Projet de Gestion durable des Déchets urbains (PGDSU), cofinancé par l’Etat du Sénégal et la Banque islamique de Développement (BID), d’un montant de dix-sept milliards cinq cent millions  (17 500 000 000) FCFA et au bénéfice des collectivités de la région de Dakar et des communes de Tivaouane, Touba et Kaolack. Il est principalement attendu la réalisation d’infrastructures aux normes  et l’acquisition d’équipements.

La  phase opérationnelle du PGDSU sera accompagnée par l’acquisition d’équipements de pré-collecte et de collecte, de  la réalisation d’infrastructures d’élimination des déchets solides, conformément aux bonnes pratiques environnementales, dans les localités ciblées et du renforcement durable des capacités des acteurs pour une prise en charge efficace du système de gestion retenu.

Il est prévu dans ce programme, la création de trois(03) Centres intégrés de Valorisation des Déchets (CIVD) au niveau de Touba, Tivaouane et Kaolack, trois (03) Centres de Regroupement et de Commercialisation des déchets (CRC)  dans les mêmes localités et de 35 Points de regroupement normalisé (PRN).

Seulement  l’image que les populations se font de la décharge des déchets et de ce que serait un CIVD ou les futurs PRN dans les quartiers  était encore  très floue.

Ainsi du 18 Août au 02 Sept 2015, une dizaine de rencontres ont été organisé dans chacune des communes avec l’appui des Comités technique locaux de  gestion des déchets (CTL) des communes concernées pour  échanger avec les populations.

Auparavant, il s’est tenu, du 04 au 07 Août 2015, une visite d’imprégnation  au Maroc sous la conduite de Monsieur Abdoulaye DIOUF SARR, Ministre de la Gouvernance, du Développement et de l’Aménagement du Territoire avec la participation des techniciens de l’UCG.

Cette visite a enregistré la participation des élus, des acteurs communautaires et des chefs de service régional de l’environnement des villes bénéficiaires du Projet de gestion durable des déchets solides urbains (PGDSU) et des Représentants des Khalifes généraux de Touba, Tivaouane et Médina Baye Niass afin de s’inspirer de l’expérience réussie au Maroc, dans la gestion des déchets solides.

Vous conviendrez avec moi que la gestion des déchets ne saurait être l’affaire des seules collectivités locales mais de toute la société et particulièrement des populations bénéficiaires et productrices de déchets.

Partant de ce constat, nous avons mis en place le projet de développement  communautaire. Ce projet a pour objectif de créer les conditions nécessaires favorisant la contribution de la population au travers de leur implication de façon crédible et efficace dans la gestion des déchets solides. Elle envisage également de contribuer activement à la création d’emplois décents et à la génération de richesses, assortie d’une formation de capital favorisant l’investissement.

Des ateliers ont été organisés dans les communes bénéficiaires du Projet de Gestion durable des Déchets Solides Urbains (PGDSU) et ont permis d’élaborer les documents de projet.

Ces ateliers ont vu la participation des services déconcentrés de l’Etat, du mouvement associatif, de même que des organisations non-gouvernementales. Des travaux de qualité ont été effectués avec des propositions très pertinentes sur le cadre institutionnel, organisationnel, technique et financier de la gestion des déchets solides dans les communes concernées.

Face  aux besoins d’informations et aux comportements inciviques par rapport à la gestion des déchets solides, nous avons lancé, avec l’appui de tous les acteurs, une campagne de communication et de marketing social à l’effet de promouvoir des comportements éco responsables.

Pour exemple, il à été organisé du 17 au 20 septembre 2015 à Dakar  la première édition du concours de création d’applications numériques au service de l’environnement  appelé « 55h : l’Innovathon de la Francophonie »

Cette édition placée sous le thème : « Cites francophones durable : l’innovation numérique au service des politiques environnementales, urbaines des pays en développement » a connu un grand succès. Les 55h de l’Innovathon ont démontré que le Sénégal se porte bien en matière de développement d’applications. Aussi les projets primés prouvent  que la politique  en matière de gestion des déchets solides est bien comprise par la cible jeune.

L’école n’est pas laissée en rade car nous  avons lancé, en rapport avec le Ministère de l’Education nationale, un projet d’éducation et de promotion des pratiques écoresponsables dans la   gestion des déchets solides qui vise à promouvoir, dans le milieu scolaire, les bonnes pratiques de gestion du cadre de vie.

Avec les nouveaux enjeux liés à la stratégie  et pour disposer de profils adéquats et des compétences appropriées, nous avons  engagé le processus de formulation d’un plan de formation sur les métiers de la gestion des déchets.

4. Le programme 3P a été lancé depuis plus d’un an, quel est le bilan d’étape à dresser ?

Le Programme prioritaire de Propreté (3P)  a été initiée, comme  mesures d’urgence  et curative,  pour faire face à l’insalubrité généralisée.

Lancé le 23 avril  2014, le 3P a déjà touché plus de soixante (70) collectivités locales, principalement l’ensemble des  capitales régionales et départementales, où nous avons éradiqué l’essentiel des dépôts sauvages qui y étaient constitués depuis plus de 30 ans. Ces opérations ont permis de mettre en décharge entre avril 2014 et Août 2015 plus de cinq cent vingt neuf  mille (529 432) tonnes de déchets. Aussi, plus de 14.488 personnes  été mobilisées dans cette même période  pour désensabler les principales artères, éradiquer les dépôts sauvage dans les gares routières, marchés etc.

Actuellement, nous sommes la deuxième phase qui vise à pérenniser les acquis par la mise en place de dispositif allégé de propreté dans dix sept (17) collectivités locales

5. Quelles ont été vos réalisations concernant le projet de développement des filières de valorisation?

L’action préalable au développement de filières de valorisation des déchets solides est la connaissance des déchets en termes de flux et de caractéristiques physico chimiques.

Ainsi, avons-nous fini une campagne nationale de caractérisation des déchets solides.

Elle a débuté en Août 2014 et a permis de collecter des données sur la qualité et la quantité de nos déchets solides.

Dans le même sillage, une étude de faisabilité est en cours pour la mise en place de filières de valorisation des déchets solides. Cette étude permet de déterminer les filières prioritaires et le modèle économique conséquente.

6. Quelles sont vos projections ?

Notre objectif majeur est d’achever les réformes afin de disposer d’un  bon cadre juridique. A cet effet, nous nous redoublons d’effort pour faire adopter  la loi d’orientation pour la promotion d’une gestion durable et intégrée des déchets et la mise à jour des décrets et arrêtés qui réglementent le secteur.

Pour conforter la stratégie  nationale, nous rendrons disponible les résultats de la campagne nationale de caractérisation des déchets  qui vise à déterminer les flux, les typologies et les caractéristiques physico-chimiques de nos déchets.

Aussi,  le Projet de Gestion durable des  Déchets solides urbains (PGDSU), financé par la BID et l’Etat du Sénégal, sera-t-il  opérationnel avec le démarrage imminent des travaux de construction des infrastructures.

Nous tâcherons encore de capitaliser les expériences et de créer des savoirs pour les besoins de renforcement de capacités des parties prenantes

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